L'Atlas céleste de Dunhuang, la première section de Or.8210/S.3326. © British Library
Au début du XXe siècle, une grotte secrète, maintenant connue sous
le nom de «Cave de la bibliothèque», a été découverte dans le complexe
bouddhiste Mogao (Mogaoku
莫高窟), juste à l'extérieur de la ville de Dunhuang dans le nord-ouest de
la Chine. Cette grotte avait été scellée pendant mille ans et contenait
environ quarante mille manuscrits, peintures et documents imprimés sur
soie et papier. Parmi eux, un manuscrit contenant le plus ancien atlas
d'étoiles manuscrit connu aujourd'hui de toute civilisation, datant
environ de l'an 700 CE. Il montre une représentation complète du ciel
chinois selon 13 sections avec plus de 1300 étoiles nommées et
présentées avec précision. Le tableau contient beaucoup d'informations
qui se sont avérées très utiles pour les astronomes modernes.
L'Atlas céleste de Dunhuang n'était pas le seul document
astronomique trouvé dans la grotte de la bibliothèque de Dunhuang. Avec
un fragment d'une carte d'étoiles circumpolaire et une compilation
astrologique des constellations chinoises, la découverte de ces
documents a révélé un instantané fascinant des connaissances
astronomiques dans la Chine ancienne. Sa découverte a été une énorme
surprise car une telle carte n'avait jamais été vue auparavant dans
aucune civilisation. La première mention de cette carte dans un
contexte astronomique semble avoir été faite par Joseph Needham en 1959
dans son ouvrage "Science and
Civilization in China".
L'atlas lui-même forme la deuxième partie d'un rouleau plus long (Or.8210/S.3326).
Il mesure 210 cm de long sur 24,4 cm de large, est fait de papier très
fin et comporte treize panneaux séparés. La première partie du rouleau
est un manuel de divination basé sur la forme des nuages. Les douze
panneaux montrant différentes sections du ciel suivent ce manuel. Les
étoiles sont nommées et les cartes sont accompagnées d'un texte
explicatif. Le dernier panneau final représente la région polaire Nord.
La carte est détaillée, montrant un total de 1345 étoiles réparties
selon 257 astérismes ou constellations, clairement identifiés et
nommés, y compris les vingt-huit maisons stellaires. Pour un document
dessiné à la main, le positionnement est très précis et résiste bien à
la comparaison avec les cartes modernes.
Parce que l'astronomie était considérée comme une question
d'état, la distribution de documents comme celui-ci devait être
strictement contrôlée et limitée à l'usage militaire et gouvernemental.
Cela peut expliquer pourquoi si peu de cartes de ce genre existent
aujourd'hui. Comme Dunhuang, lieu de la découverte, est une ville
reculée où il est peu probable que des observations astronomiques aient
été enregistrées, il est possible que la carte ait été apportée à
Dunhuang par un fonctionnaire de la capitale chinoise.
L'importance de la carte réside à la fois dans sa précision et
sa qualité graphique. La carte comprend à la fois des étoiles
brillantes et faibles, visibles à l'œil nu depuis le centre de la Chine
du Nord, et a probablement été utilisé comme matériel de référence. Ses
origines et son utilisation réelle restent inconnues.
L'Atlas céleste de Dunhuang est maintenant conservé à la British Library
de Londres, ainsi que de nombreux autres objets provenant de la
bibliothèque de la grotte et d'autres anciens sites de la Route de la
Soie. Ces objets uniques racontent des histoires fascinantes de la vie
sur la Route de la Soie de 100 ACE à 1400 CE. La plupart de ces
collections ont été dispersées dans des institutions du monde entier au
début du XXe siècle, ce qui complique leur étude. Le projet international de
Dunhuang (IDP) basé à la British Library rend maintenant ces
ressources librement accessibles à tous via ce site Web multilingue.
Lire plus au sujet de l'Atlas céleste de Dunhuang sur nos
pages de recherche.
L'Atlas céleste de Dunhuang a été tiré d'une observation précise,
mais dessiner des cartes peut être un processus compliqué. Comme la
Terre, le Ciel n'est pas plat mais une sphère. Le Ciel que nous voyons
au-dessus de nous est un dôme. Si il est découpée en sections, elles
seront à la fois triangulaires, comme les tranches d'un gâteau, et
également courbées. Les cartographes de la Terre et du Ciel ont dû
trouver un moyen de montrer ces sections sur des surfaces
rectangulaires et plates, comme dans le cas de la carte de Dunhuang. Ce
processus de conversion, ou de projection, de points d'un objet
sphérique sur un morceau de papier plat implique des mathématiques
compliquées et est connu dans la cartographie comme une «projection».
L'une des premières projections précises en Europe a été
calculée par un géographe appelé Geradus Mercator en 1569. La
projection Mercator est encore utilisée par de nombreux cartographes.
Cependant, toutes les projections entraînent des distorsions et,
d'après la projection de Mercator, le continent africain et le
sous-continent indien paraissent peu importants par rapport à l'Europe.
Beaucoup d'autres projections, telles que celles développées par
Gall-Peters, Mollweide, Winkel-Tripel et Robinson ont produit des
cartes du monde très différentes comme nous pouvons le voir ici:
Projection Mercator de la Terre. Image d'après NASA's Earth Observatory Blue Marble series.
Une projection Gall-Peters de la Terre. Image d'après NASA's Earth Observatory Blue Marble series.
Une projection Mollweide de la Terre. Image d'après NASA's Earth Observatory Blue Marble series.
Une projection Winkel Tripel de la Terre. Image d'après NASA's Earth Observatory Blue Marble series.
Une projection Robinson de la Terre. Image d'après NASA's Earth Observatory Blue Marble series.